Lorsque l’on parle de reprise du sport après 40 ans, beaucoup imaginent une personne qui décide soudainement de transformer sa vie du jour au lendemain.
Dans mon cas, les choses se sont passées différemment.
En réalité, le sport a toujours fait partie de ma vie, mais avec de longues périodes d’interruption. Si je regarde mon parcours aujourd’hui, je réalise que reprendre le sport après 40 ans n’a pas été une décision prise en quelques semaines. C’est le résultat d’un cheminement de plusieurs décennies.
Une enfance sportive, puis l’abandon
Dans mon enfance, j’ai toujours pratiqué une activité sportive.
Comme beaucoup de jeunes, j’aimais bouger, courir et me dépenser. Le sport faisait naturellement partie de mon quotidien.
Puis est arrivée l’adolescence.
Progressivement, le sport a laissé sa place à d’autres occupations. Je sortais davantage avec les copains et mon hygiène de vie est devenue beaucoup moins rigoureuse. Comme beaucoup de jeunes à cette période, j’ai commencé à fumer et à boire.
À ce moment-là, je ne pensais évidemment pas aux conséquences à long terme. Je profitais simplement de cette nouvelle liberté.
Le sport est alors progressivement sorti de ma vie.
Le travail en usine et la fatigue permanente
À 18 ans, j’ai commencé à travailler en usine en équipes successives, avec des horaires en 4×8.
Cette période a marqué une rupture importante.
Entre les horaires décalés, la fatigue accumulée et le manque d’énergie, il devenait très difficile d’envisager une pratique sportive régulière. Les entraînements en club avaient généralement lieu le soir, précisément au moment où je travaillais ou récupérais de mes journées.
Je n’avais ni l’énergie, ni la motivation nécessaires pour reprendre sérieusement une activité physique.
J’ai tout de même tenté une expérience en rejoignant un club de football lorsque j’ai déménagé dans un village.
À l’époque, mon objectif était autant social que sportif. Je souhaitais rencontrer de nouvelles personnes et m’intégrer dans mon nouvel environnement.
Finalement, cette expérience s’est révélée plus festive que véritablement sportive.
Reprendre ses études, mais mettre encore le sport de côté
Vers l’âge de 30 ans, j’ai pris une décision importante : reprendre mes études.
Je souhaitais sortir d’un cycle professionnel qui ne me convenait plus et construire un nouveau projet de vie. Nous reviendrons d’ailleurs sur cette période dans un futur article.
Pendant près de cinq années, j’ai enchaîné le travail et les cours du soir afin d’obtenir un diplôme de niveau Bac+5.
Cette période a été extrêmement enrichissante, mais aussi très exigeante.
Le sport est une nouvelle fois passé au second plan.
Entre le travail, les cours, les examens et les déplacements, les journées étaient déjà bien remplies.
Une situation professionnelle plus confortable, mais toujours peu de temps
Après mes études, j’ai pu accéder à des postes de cadre.
Sur le papier, la situation semblait idéale. Dans les faits, je travaillais souvent une dizaine d’heures par jour et il n’était pas rare que mes week-ends soient également consacrés au travail.
Le sport restait donc une priorité lointaine.
La bonne nouvelle était qu’au fil des années, j’avais réussi à arrêter de fumer et de boire. Certaines habitudes avaient changé, mais il me manquait encore une activité physique régulière.
Une nuit d’insomnie qui change tout
Puis une opportunité s’est présentée.
J’ai rejoint la fonction publique territoriale sur un poste à 35 heures hebdomadaires.
Pour la première fois depuis très longtemps, je disposais enfin d’un véritable équilibre entre ma vie professionnelle et mon temps personnel.
Je me souviens encore d’une nuit d’insomnie.
Alors que je réfléchissais à ma situation, une idée s’est imposée à moi :
je n’avais plus d’excuse.
J’avais enfin la possibilité de reprendre sérieusement une activité sportive dans un club.
La découverte du triathlon
Depuis longtemps, le triathlon m’attirait.
J’admirais cette discipline exigeante qui combine natation, vélo et course à pied.
Quelques semaines plus tard, je franchissais le pas en m’inscrivant dans un club près de chez moi.
Cette décision a marqué un véritable tournant.
Au fil des années, le sport a repris une place importante dans mon quotidien. J’ai participé à de nombreuses compétitions et j’ai même eu l’opportunité de devenir responsable de la section athlétisme au sein de l’Eurométropole de Strasbourg alors que j’avais déjà dépassé les 40 ans.
Cette expérience m’a montré qu’il n’était jamais trop tard pour s’investir pleinement dans un projet sportif.
Du triathlon au Muay Thaï
Fin 2025, j’ai toutefois choisi de ne pas renouveler ma licence de triathlon.
Mon objectif était alors de préparer un déménagement vers Nice et d’ouvrir un nouveau chapitre de ma vie.
En attendant, je me suis inscrit dans une salle de sport près de chez moi afin de conserver une activité physique régulière.
Quelques semaines plus tard, le coach de la salle a proposé des cours de Muay Thaï en supplément.
Cette discipline m’avait toujours fasciné.
Comme pour le triathlon quelques années auparavant, j’ai ressenti cette curiosité qui pousse à essayer quelque chose de nouveau.
Je me suis inscrit.
Très rapidement, j’ai commencé à construire tout mon programme autour de cette pratique : séances de musculation orientées boxe thaï, cours collectifs de boxing, travail de mobilité et d’étirements.
Aujourd’hui encore, cette discipline occupe une place importante dans mon quotidien.
Ce que le sport m’apporte aujourd’hui
Aujourd’hui, je ne pratique plus le même sport qu’il y a quelques années, mais l’objectif reste identique.
Le sport m’apporte bien plus que des bénéfices physiques.
Il me permet de conserver une discipline, d’entretenir mon énergie, de sortir de ma zone de confort et de maintenir un équilibre mental.
Avec l’âge, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas seulement d’être en forme.
Il s’agit aussi de rester en mouvement, de continuer à apprendre et de se lancer régulièrement de nouveaux défis.
Conclusion
Si je devais retenir une seule leçon de ce parcours, ce serait celle-ci :
Il n’est jamais trop tard pour reprendre le sport.
Parfois, ce n’est pas le manque de motivation qui nous freine. Ce sont simplement les circonstances de la vie.
Et lorsque les conditions deviennent enfin favorables, il suffit souvent d’un premier pas pour redécouvrir une passion que l’on croyait avoir laissée derrière soi.
À plus de 40 ans, je ne cherche plus seulement la performance.
Je cherche surtout à construire une vie plus solide, plus équilibrée et plus durable.
Et le sport reste l’un des meilleurs outils que j’ai trouvés pour y parvenir.